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Fait-divers arabeArmand Silvestre(Contes pantagruéliques et galants)1884Le cadi Zutapapa était justement renommé parmi les magistrats du désert. Ilvendait la justice, comme tous ses confrères, mais la vendait à juste poids. Il n’yavait pas d’exemple que le plaideur qui l’avait le mieux payé eût été le plus maltraitépar lui, comme ce la se voit malheureusement quelquefois avec des juges que desconsidérations de politique et d’amitié distraient de la dignité de leur négoce. Sesprix étaient marqués en chiffres connus et tout se passait chez lui sans surprises,sans basses intrigues et le plus loyalement du monde. Le condamné, en recevantses coups de matraque sur les talons, n’avait qu’à compter pour savoir ce que sonacquittement lui aurait coûté de plus que ce qu’il avait donné. On aurait apprisl’arithmétique aux petits enfants rien qu’avec de tels exemples. Aussi l’estime dontjouissait le cadi Zutapapa était-elle générale et la justifiait-il, d’ailleurs, par unedroiture dans les procédés dont ce récit n’est qu’une preuve nouvelle. Quand lejeune Mohamet-Soulafé-Sélim, un des plus opulents marchands de dattes de lalocalité, vint en effet, lui demander la main de sa fille Fatma, le bon cadi Zutapapane tenta pas de lui faire prendre l’objet, chat en poche, comme il serait malséant dedire en pareil cas. Loin de-là, il lui fit mesurer d’un coup d’oeil rapide l’imprudencequ’il allait commettre :- Mahomet-Soulafé-Sélim, lui dit-il, ton père était homme de bien, ...
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