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Français
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Description
Eudore CléazThéodore de Banville(Édition Alphonse Lemerre, 1870)Le premier jour de l’an 1870 ne commença pas autrement qu’un autre jour del’année pour le pauvre et savant helléniste Étienne Cléaz et pour sa fille Eudore. Cematin-là, comme les autres, leur humble logis, situé au troisième étage d’une sortede masure rue Royer-Collard, eût exprimé la misère la plus absolue si lespaperasses, les in-folio, les bouquins aux tranches rouges ne lui eussentcommuniqué cet aspect de vie excessive et débordante qui se dégage toujoursdes nobles œuvres de l’esprit humain. Quand huit heures sonnèrent à l’horloge dellebois, M Eudore éteignit la lampe et continua de corriger des épreuves impriméesen langue grecque, sur lesquelles, à travers les textes, les notes latines, les citationsempruntées aux divers dialectes et composées en caractères microscopiques, saplume agile courait avec une rare certitude, rectifiant les fautes, ajoutant les accentsoubliés, rétablissant la ponctuation sans hésiter une seule fois, et sans que rien vînttroubler la placidité de son céleste sourire. Quant au vieux Cléaz, feuilletant et lisantvingt volumes à la fois, il travaillait à son édition de Pindare, écrivant d’une écritureserrée et fine sur un feuillet de papier écolier qui déjà contenait la valeur de sept ouhuit pages d’impression. Parfois, quand une heureuse découverte longtempspoursuivie couronnait enfin ses efforts, le savant élevait fiévreusement ses mains etregardait le plafond ...
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Français