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45
pages
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Français
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Documents
Description
Claire d’Albe
Sophie Cottin
1799
Le dégoût, le danger ou l’effroi du monde ayant fait naître en moi le besoin de me
retirer dans un monde idéal, déjà j’embrassais un vaste plan qui devait m’y retenir
longtemps, lorsqu’une circonstance imprévue, m’arrachant à ma solitude et à mes
nouveaux amis, me transporta sur les bords de la Seine, aux environs de Rouen,
dans une superbe campagne, au milieu d’une société nombreuse. Ce n’est pas là
où je pouvais travailler, je le savais ; aussi avais-je laissé derrière moi tous mes
essais. Cependant la beauté de l’habitation, le charme puissant des bois et des
eaux, éveillèrent mon imagination et remuèrent mon cœur ; il ne me fallait qu’un mot
pour tracer un nouveau plan ; ce mot me fut dit par une personne de la société, et
qui a joué elle-même un rôle assez important dans cette histoire. Je lui demandai la
permission d’écrire son récit, elle me l’accorda ; j’obtins celle de l’imprimer, et je
me hâte d’en profiter. Je me hâte est le mot ; car ayant écrit tout d’un trait, et en
moins de quinze jours, l’ouvrage qu’on va lire, je ne me suis donné ni le temps, ni la
peine d’y retoucher. Je sais bien que pour le public le temps ne fait rien à l’affaire ;
aussi il fera bien de dire du mal de mon ouvrage s’il l’ennuie ; mais s’il m’ennuyait
encore plus de le corriger, j’ai bien fait de le laisser tel qu’il est.
Quant à moi, je sens si bien tout ce qui lui manque, que je ne m’attends pas que
mon âge, ni mon sexe me mettent à l’abri des ...
Sophie Cottin
1799
Le dégoût, le danger ou l’effroi du monde ayant fait naître en moi le besoin de me
retirer dans un monde idéal, déjà j’embrassais un vaste plan qui devait m’y retenir
longtemps, lorsqu’une circonstance imprévue, m’arrachant à ma solitude et à mes
nouveaux amis, me transporta sur les bords de la Seine, aux environs de Rouen,
dans une superbe campagne, au milieu d’une société nombreuse. Ce n’est pas là
où je pouvais travailler, je le savais ; aussi avais-je laissé derrière moi tous mes
essais. Cependant la beauté de l’habitation, le charme puissant des bois et des
eaux, éveillèrent mon imagination et remuèrent mon cœur ; il ne me fallait qu’un mot
pour tracer un nouveau plan ; ce mot me fut dit par une personne de la société, et
qui a joué elle-même un rôle assez important dans cette histoire. Je lui demandai la
permission d’écrire son récit, elle me l’accorda ; j’obtins celle de l’imprimer, et je
me hâte d’en profiter. Je me hâte est le mot ; car ayant écrit tout d’un trait, et en
moins de quinze jours, l’ouvrage qu’on va lire, je ne me suis donné ni le temps, ni la
peine d’y retoucher. Je sais bien que pour le public le temps ne fait rien à l’affaire ;
aussi il fera bien de dire du mal de mon ouvrage s’il l’ennuie ; mais s’il m’ennuyait
encore plus de le corriger, j’ai bien fait de le laisser tel qu’il est.
Quant à moi, je sens si bien tout ce qui lui manque, que je ne m’attends pas que
mon âge, ni mon sexe me mettent à l’abri des ...
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Langue
Français
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Poids de l'ouvrage
4 Mo