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17
pages
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Français
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Description
Honoré de Balzac
Œuvres complètes de H. de Balzac, II
A. Houssiaux, 1855 (pp. 435-469).
◄ Gobseck Autre étude de femme
DÉDIÉ À LEON GOZLAN
Comme un témoignage de bonne confraternité littéraire.
A Paris, il se rencontre toujours deux soirées dans les bals ou dans les raouts.
D’abord une soirée officielle à laquelle assistent les personnes priées, un beau
monde qui s’ennuie. Chacun pose pour le voisin. La plupart des jeunes femmes ne
viennent que pour une seule personne. Quand chaque femme s’est assurée qu’elle
est la plus belle pour cette personne et que cette opinion a pu être partagée par
quelques autres, après des phrases insignifiantes échangées, comme celles-ci : —
Comptez-vous aller de bonne heure à ** (un nom de terre) ? — Madame une telle a
bien chanté ! — Quelle est cette petite femme qui a tant de diamants ? Ou, après
avoir lancé des phrases épigrammatiques qui font un plaisir passager et des
blessures de longue durée, les groupes s’éclaircissent, les indifférents s’en vont, les
bougies brûlent dans les bobèches ; la maîtresse de la maison arrête alors
quelques artistes, des gens gais, des amis, en leur disant : — Restez, nous
soupons entre nous.
On se rassemble dans un petit salon. La seconde, la véritable soirée a lieu ; soirée
où, comme sous l’ancien régime, chacun entend ce qui se dit, où la conversation
est générale, où l’on est forcé d’avoir de l’esprit et de contribuer à l’amusement
public. Tout est en relief, un rire franc succède à ces airs gourmés ...
Œuvres complètes de H. de Balzac, II
A. Houssiaux, 1855 (pp. 435-469).
◄ Gobseck Autre étude de femme
DÉDIÉ À LEON GOZLAN
Comme un témoignage de bonne confraternité littéraire.
A Paris, il se rencontre toujours deux soirées dans les bals ou dans les raouts.
D’abord une soirée officielle à laquelle assistent les personnes priées, un beau
monde qui s’ennuie. Chacun pose pour le voisin. La plupart des jeunes femmes ne
viennent que pour une seule personne. Quand chaque femme s’est assurée qu’elle
est la plus belle pour cette personne et que cette opinion a pu être partagée par
quelques autres, après des phrases insignifiantes échangées, comme celles-ci : —
Comptez-vous aller de bonne heure à ** (un nom de terre) ? — Madame une telle a
bien chanté ! — Quelle est cette petite femme qui a tant de diamants ? Ou, après
avoir lancé des phrases épigrammatiques qui font un plaisir passager et des
blessures de longue durée, les groupes s’éclaircissent, les indifférents s’en vont, les
bougies brûlent dans les bobèches ; la maîtresse de la maison arrête alors
quelques artistes, des gens gais, des amis, en leur disant : — Restez, nous
soupons entre nous.
On se rassemble dans un petit salon. La seconde, la véritable soirée a lieu ; soirée
où, comme sous l’ancien régime, chacun entend ce qui se dit, où la conversation
est générale, où l’on est forcé d’avoir de l’esprit et de contribuer à l’amusement
public. Tout est en relief, un rire franc succède à ces airs gourmés ...
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