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Français
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Paul MargueritteÀ la merSommaire1 I2 II3 III4 IV5 V6 VI7 VIIITout le long du trajet, Albert fut maussade. Pourtant, l’idée qu’il allait connaîtrel’Océan, courir les grèves, oublier pendant deux mois le lycée, le ravissait. Mais,avec la vanité ridicule et l’égoïsme maladif de ses quinze ans, il se sentait mal àl’aise, dans le wagon, s’imaginant que chacun fixait les yeux sur lui. Un vieillard àlunettes lui jetait, de temps à autre, un regard bleu et froid. Albert se persuadaitqu’un col trop étroit, qu’on lui avait imposé, attirait ainsi l’attention, humilié, boudantde ce qu’il lui faudrait user cette douzaine de cols encore neufs, il en voulait à samère, et, pour bien lui marquer son mécontentement, il haussait le menton, sedémanchait le cou, risquait une grimace douloureuse. Cette tactique n’obtenantatteint succès, et Mme Janville regardant obstinément défiler la campagne, derrièrela vitre, avec ce visage ferme et résigné des veuves auxquelles la vie n’est pastoujours facile, et qui n’élèvent pas un fils unique sans tiraillements ni souffrances,Albert se composa une expression d’amertume et de dédain, la bouche à laBonaparte, le front inspiré, de l’air de quelqu’un qui regarde de haut l’univers etscrute l’avenir. Ah ! comme il porterait des faux cols à soit goût, quand il auraitatteint sa majorité.Vraiment, sa mère ne savait pas le comprendre. Elle le traitait trop en enfant, necomprenant pas qu’il fallait faire la part du temps, et qu’il ...
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Français
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