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Louis-Xavier de Ricard — Le Parnasse contemporainUne viergeIOui, certes, la matière était splendide et pureDans laquelle les doigts de la grande NatureOnt avec tant d’amour ciselé sa beauté ;Et rien n’est glorieux comme cette fiertéTranquille, dont l'ampleur souple et majestueuseRevêt nonchalamment sa grâce fastueuse.J’aime son front de marbre impassible, et son œilOù rayonne le froid soleil de son orgueil,Noyant de rayons blancs sa forme immaculée ;J’aime sa lèvre ferme, où l’ironie ailéeVoltige incessamment et fait courir des plis ;J’aime son col flexible, et ses flancs assouplisDont les naïvetés superbes et cyniquesProvoquent hardiment les voluptés physiques.J’aime à voir haleter sa guimpe, se gonflantSur la double rondeur de son sein insolentQui semble défier la lèvre qu’il attire,Et de qui les contours nubiles, qu’on admire,Brusquement quelquefois se dessinent aux yeux,Puis courent s’engloutir dans de grands plis soyeux.Oui ! sa beauté charnelle est un sacré cantiqueDont j’admire en rêvant l’harmonie emphatique,Car il sied qu’en dépit de ce siècle hébétéLa femme ose être belle avec solennité,Et que la Forme, autour de sa gloire divine,Ameute en souriant la tourbe philistine.Donc, vraiment, je t’admire, ô vierge ! et j’aime à voirQue ta beauté sereine a compris son devoir,Car la beauté n’échoit aux femmes de ta raceQue pour glorifier sa splendeur et sa grâce.L’orgueil est la vertu des heureux et des forts :On a toujours le temps ...
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