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François Coppée — Les Paroles sincèresSur la Tour Eiffel(DEUXIÈME PLATEAU) J’AI visité la Tour énorme,Le mât de fer aux durs agrès.Inachevé, confus, difforme,Le monstre est hideux, vu de près.Géante, sans beauté ni style,C’est bien l’idole de métal,Symbole de force inutileEt triomphe du fait brutal.J’ai touché l’absurde prodige,Constaté le miracle vain.J’ai gravi, domptant le vertige,La vis des escaliers sans fin.Saisissant la rampe à poignée,Étourdi, soûlé de grand air,J’ai grimpé, tel qu’une araignée,Dans l’immense toile de fer ;Et, comme enfin l’oiseau se juche,J’ai fait sonner sous mes talonsLes hauts planchers où l’on trébucheEn heurtant du pied les boulons.Là, j’ai pu voir, couvrant des lieues,Paris, ses tours, son dôme d’or,Le cirque des collines bleues,Et du lointain... encor, encor !Mais, au fond du gouffre, la VilleNe m’émut ni ne me charma.C’est le plan-relief immobile,C’est le morne panorama,Transformant palais de l’histoire,Riches quartiers, faubourgs sans pain,En jouets de la forêt NoireSortis de leur boîte en sapin.Oui, le grand Paris qui fourmilleEst mesquin, vu de ce hauban.L’Obélisque n’est qu’une aiguilleEt la Seine n’est qu’un ruban ;Et l’on est triste au fond de l’âmeDe voir écrasés, tout en bas,L’Arc de Triomphe et Notre-Dame,La gloire et la prière, hélas !Du vaste monde, en cet abîme,Je n’aperçois qu’un petit coin.Pourquoi monter de cime en cime ?Le ciel est toujours aussi loin.Enfants des ...
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