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François de Malherbe — O d e s
Sur l'attentat contre le roi
Que direz-vous, races futures,
Si quelquefois un vrai discours
Vous récite les aventures
De nos abominables jours ?
Lirez-vous sans rougir de honte
Que notre impiété surmonte
Les faits les plus audacieux
Et les plus dignes du tonnerre
Qui firent jamais à la terre
Sentir la colère des cieux ?
Ô que nos fortunes prospères
Ont un change bien apparent !
Ô que du siècle de nos pères
Le nôtre s'est fait différent !
La France devant ces orages
Pleine de mœurs et de courages
Qu'on ne pouvait assez louer,
S'est faite aujourd'hui si tragique
Qu'elle produit ce que l'Afrique
Aurait vergogne d'avouer.
Quelles preuves incomparables
Peut donner un prince de soi
Que les rois les plus adorables
N'en quittent l'honneur à mon roi ?
Quelle terre n'est parfumée
Des odeurs de la renommée ?
Et qui peut nier qu'après Dieu
Sa gloire, qui n'a point d'exemples,
N'ait mérité que dans nos temples
On lui donne le second lieu ?
Qui ne sait point qu'à sa vaillance
Il ne se peut rien ajouter ?
Qu'on reçoit de sa bienveillance
Tout ce qu'on en doit souhaiter ?
Et que si de cette couronne
Que sa tige illustre lui donne
Les lois ne l'eussent revêtu,
Nos peuples d'un juste suffrage
Ne pouvaient sans faire naufrage
Ne l'offrir point à sa vertu ?
Toutefois, ingrats que nous sommes,
Barbares et dénaturés,
Plus qu'en ce climat où les hommes
Par les hommes sont dévorés,
Toujours nous assaillons sa tête
De quelque nouvelle tempête,
Et d'un courage ...
Sur l'attentat contre le roi
Que direz-vous, races futures,
Si quelquefois un vrai discours
Vous récite les aventures
De nos abominables jours ?
Lirez-vous sans rougir de honte
Que notre impiété surmonte
Les faits les plus audacieux
Et les plus dignes du tonnerre
Qui firent jamais à la terre
Sentir la colère des cieux ?
Ô que nos fortunes prospères
Ont un change bien apparent !
Ô que du siècle de nos pères
Le nôtre s'est fait différent !
La France devant ces orages
Pleine de mœurs et de courages
Qu'on ne pouvait assez louer,
S'est faite aujourd'hui si tragique
Qu'elle produit ce que l'Afrique
Aurait vergogne d'avouer.
Quelles preuves incomparables
Peut donner un prince de soi
Que les rois les plus adorables
N'en quittent l'honneur à mon roi ?
Quelle terre n'est parfumée
Des odeurs de la renommée ?
Et qui peut nier qu'après Dieu
Sa gloire, qui n'a point d'exemples,
N'ait mérité que dans nos temples
On lui donne le second lieu ?
Qui ne sait point qu'à sa vaillance
Il ne se peut rien ajouter ?
Qu'on reçoit de sa bienveillance
Tout ce qu'on en doit souhaiter ?
Et que si de cette couronne
Que sa tige illustre lui donne
Les lois ne l'eussent revêtu,
Nos peuples d'un juste suffrage
Ne pouvaient sans faire naufrage
Ne l'offrir point à sa vertu ?
Toutefois, ingrats que nous sommes,
Barbares et dénaturés,
Plus qu'en ce climat où les hommes
Par les hommes sont dévorés,
Toujours nous assaillons sa tête
De quelque nouvelle tempête,
Et d'un courage ...
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