-
2
pages
-
Français
-
Documents
Description
— Honorat de BueilStancesThirsis, il faut penser à faire la retraite :La course de nos jours est plus qu’à demi faite ;L’âge insensiblement nous conduit à la mort.Nous avons assez vu sur la mer de ce mondeErrer au gré des flots notre nef vagabonde :Il est temps de jouir des délices du port.Le bien de la fortune est un bien périssable ;Quand on bâtit sur elle, on bâtit sur le sable ;Plus on est élevé, plus on court de dangers ;Les grands pins sont en butte aux coups de la tempête,Et la rage des vents brise plutôt le faîteDes maisons de nos rois que les toits des bergers.Ô bienheureux celui qui peut de sa mémoireEffacer pour jamais ce vain espoir de gloire,Dont l’inutile soin traverse nos plaisirs ;Et qui, loin retiré de la foule importune,Vivant dans sa maison, content de sa fortune,A, selon son pouvoir, mesuré ses désirs !Il laboure le champ que labourait son père .Il ne s’informe point de ce qu’on délibèreDans ces graves conseils d’affaires accablés.Il voit sans intérêt la mer grosse d’orages,Et n’observe des vents les sinistres présagesQue pour le soin qu’il a du salut de ses blés.Roi de ses passions, il a ce qu’il désire ;Son fertile domaine est son petit empire,Sa cabane est son Louvre et son Fontainebleau ;Ses champs et ses jardins sont autant de provinces,Et sans porter envie à la pompe des princes,Se contente chez lui de les voir en tableau.Il voit de toutes parts combler d’heur sa famille,La javelle à plein poing tomber sous sa ...
-
Publié par
-
Langue
Français