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Honorat de BueilŒuvres complètesPour Monseigneur le duc de BellegardeODEPour Monseigneur le duc de Bellegarde, pairet grand ecuyer de France.Amour, à qui je dois les chansons immortellesQui par toute la terre ont volé sur tes ailes,Et qui seul m’as enflé le courage et la voix,N’es-tu pas bien enfant alors que tu m’invitesD’oublier les rigueurs pour chanter les meritesD’une ingrate beauté qui méprise tes loix ?Permets qu’employant mieux les accords de ma lyre,Je chante mon Roger, l’honneur de cet empire,Et qui dessous le tien si long-tems a vécu.Puisque de sa valeur tu fus toujours le maître,En disant ses vertus ne fais-je pas connoîtreLa gloire du vainqueur par celle du vaincu ?Quand trois lustres passez le mirent hors d’enfanceEt que parmi la joye et la magnificenceLes belles admiroient ses aimables appas,Combien en oyoit-on soûpirer leur martire ?Si tu voulois, Amour, tu sçaurois bien qu’en dire,Toy qui ne l’as jamais abandonné d’un pas.À peine le coton ombrageoit son visage,Que déja sous Henry ce genereux courageFit voir par les effets qu’il étoit fils de Mars ;Toy-même dés ce tems l’aimas comme ton frere,Et quittas sans regret le giron de ta merePour suivre sa fortune au milieu des hazards.Tu fus toûjours depuis son demon tutelaire,Tu fis avecque luy ta demeure ordinaire,Quelquefois dans son cœur, quelquefois dans ses yeux ;De ses plus beaux desseins tu fus toûjours complice,Et preferois l’honneur de luy rendre serviceÀ celuy de ...
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