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Alfred de Vigny — Poèmes antiques et modernesMoïsePoème Le soleil prolongeait sur la cime des tentesCes obliques rayons, ces flammes éclatantes,Ces larges traces d’or qu’il laisse dans les airs,Lorsqu’en un lit de sable il se couche aux déserts.La pourpre et l’or semblaient revêtir la campagne.Du stérile Nébo gravissant la montagne,Moïse, homme de Dieu, s’arrête, et, sans orgueil,Sur le vaste horizon promène un long coup d’œil.Il voit d’abord Phasga, que des figuiers entourent,Puis, au-delà des monts que ses regards parcourent,S’étend tout Galaad, Éphraïm, Manassé,Dont le pays fertile à sa droite est placé ;Vers le Midi, Juda, grand et stérile, étaleSes sables où s’endort la mer occidentale ;Plus loin, dans un vallon que le soir a pâli,Couronné d’oliviers, se montre Nephtali ;Dans des plaines de fleurs magnifiques et calmes,Jéricho s’aperçoit, c’est la ville des palmes ;Et, prolongeant ses bois, des plaines de PhogorLe lentisque touffu s’étend jusqu’à Ségor.Il voit tout Chanaan, et la terre promise,Où sa tombe, il le sait, ne sera point admise.Il voit ; sur les Hébreux étend sa grande main,Puis vers le haut du mont il reprend son chemin.Or, des champs de Moab couvrant la vaste enceinte,Pressés au large pied de la montagne sainte,Les enfants d’Israël s’agitaient au vallonComme les blés épais qu’agite l’aquilon.Dès l’heure où la rosée humecte l’or des sablesEt balance sa perle au sommet des érables,Prophète centenaire, environné d’honneur ...
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Français