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Victor Hugo — Les OrientalesLes Têtes du sérailO horrible ! o horrible ! most horrible !Shakespeare, Hamlet.On a cru devoir réimprimer cette ode telle qu'elle a été composée et publiée enjuin 1826, à l'époque du désastre de Missolonghi. Il est important de se rappeler,en la lisant, que tous les journaux d'Europe annoncèrent alors la mort de Canaris,tué dans son brûlot par une bombe turque, devant la ville qu'il venait secourir.Depuis, cette nouvelle fatale a été heureusement démentie.ILe dôme obscur des nuits, semé d'astres sans nombre,Se mirait dans la mer resplendissante et sombre ;La riante Stamboul, le front d'étoiles voilé,Semblait, couchée au bord du golfe qui l'inonde,Entre les feux du ciel et les reflets de l'onde,Dormir dans un globe étoilé.On eût dit la cité dont les esprits nocturnesBâtissent dans les airs les palais taciturnes,À voir ses grands harems, séjours des longs ennuis,Ses dômes bleus, pareils au ciel qui les colore,Et leurs mille croissants, que semblaient faire écloreLes rayons du croissant des nuits.L'œil distinguait les tours par leurs angles marquées,Les maisons aux toits plats, les flèches des mosquées,Les moresques balcons en trèfles découpés,Les vitraux, se cachant sous des grilles discrètes,Et les palais dorés, et comme des aigrettesLes palmiers sur leur front groupés.Là, de blancs minarets dont l'aiguille s'élanceTels que des mâts d'ivoire armés d'un fer de lance ;Là, des kiosques peints ; là, des fanaux ...
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