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Victor Hugo — L'Année terribleLes Pamphlétaires d'église IX Ils nous apportent Dieu dans une diatribe. Ils sont le prêtre, ils sont le reître, ils sont le scribe. Regardez écumer leur prose de bedeau. Chacun d'eux mêle un cri d'orfraie à son credo, Souligne avec l'estoc sa prière, et ponctue Ses oremus avec une balle qui tue. Voyez, leur chair est faible et leur esprit est prompt. Ils jettent au hasard et devant eux l'affront Comme le goupillon jette de l'eau bénite. La faulx sombre à leur gré ne va pas assez vite ; On les entend crier au bourreau : Fainéant ! La mort leur semble avoir besoin d'un suppléant. Ne pourrait-on trouver quelqu'un qui ressuscite Besme et fasse sortir Laffemas du Cocyte ? Où donc est Trestaillon, instrumentum regni ? Où sont les bons chrétiens qui hachaient Coligny ? Puisque décidément quatre-vingt-neuf abuse Rendez-nous le roi Charle avec son arquebuse, Et Montrevel, le fauve et rude compagnon. Où sont les portefaix utiles d'Avignon Qui traînaient Brune mort le long du quai du Rhône ? Où sont ces grands bouchers de l'autel et du trône, Dont le front au soleil des Cévennes suait, Que conduisait Bâville et qu'aimait Bossuet ? Certe, on fait ce qu'on peut avec les mitrailleuses, Mais le bourgeois incline aux douceurs périlleuses, Il en arrive presque à blâmer Galifet, Le sang finit par faire aux crétins de l'effet, Et l'attendrissement a gagné ce bipède. Quel besoin on aurait d'un président ...
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Français