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Variétés historiques et littéraires, Tome X
Les larmes et complaintes de la Reyne d’Angleterre sur la mort de son Espoux, à l’imitation des quatrains du sieur de
Pibrac.
David Ferrand
1649
Les larmes et complaintes de la Reyne d’Angleterre sur la mort de
son Espoux, à l’imitation des quatrains du sieur de Pibrac, par
David Ferrand.
À Paris, chez Michel Mettayer, imprimeur ordinaire du Roy,
demeurant en l’isle Nostre-Dame, sur le Pont-Marie, au Cigne.
M.DC.XLIX.
1In-4 .
Pleine d’ennuys et de rudes atteintes,
Ô tout puissant, escoute mes clameurs !
Le grand excezde mes divers malheurs
Me fait vers toy adresser ces complaintes.
Dans le contour de la machine ronde,
Parmy le Scythe, et peuples plus pervers,
Bien qu’il y ayt eu maints malheurs divers,
Je ne crois point en avoir de seconde.
Mon accident attaint jusqu’à l’extresme,
Et ne se peut trouver pareil courroux :
Ayant perdu mon très fidelle espoux,
Lequel j’aimois plus encor que moy-mesme.
Comme deux luths de mesme consonnance,
Estant touchez, rendent mesmes accords,
Ainsi vivoit, sans avoir nuls discords,
Son cœur Anglois avec celuy de France.
Les fruits conçeuz de nostre mariage
Monstrent assez quels estoyent nos desseins ;
Nous les pensions voir un jour souverains.
Mais comme nous ils sentent cet orage.
Et vous avez rompu cette armonie,
Maudits sujets sans croyance et sans foy :
Quand vous avez fait mourir vostre Roy,
M’avez-vous pas ensemble osté la vie ?
Vous m’eussiez fait sans doute le semblable
2Quand je quittay ...
Les larmes et complaintes de la Reyne d’Angleterre sur la mort de son Espoux, à l’imitation des quatrains du sieur de
Pibrac.
David Ferrand
1649
Les larmes et complaintes de la Reyne d’Angleterre sur la mort de
son Espoux, à l’imitation des quatrains du sieur de Pibrac, par
David Ferrand.
À Paris, chez Michel Mettayer, imprimeur ordinaire du Roy,
demeurant en l’isle Nostre-Dame, sur le Pont-Marie, au Cigne.
M.DC.XLIX.
1In-4 .
Pleine d’ennuys et de rudes atteintes,
Ô tout puissant, escoute mes clameurs !
Le grand excezde mes divers malheurs
Me fait vers toy adresser ces complaintes.
Dans le contour de la machine ronde,
Parmy le Scythe, et peuples plus pervers,
Bien qu’il y ayt eu maints malheurs divers,
Je ne crois point en avoir de seconde.
Mon accident attaint jusqu’à l’extresme,
Et ne se peut trouver pareil courroux :
Ayant perdu mon très fidelle espoux,
Lequel j’aimois plus encor que moy-mesme.
Comme deux luths de mesme consonnance,
Estant touchez, rendent mesmes accords,
Ainsi vivoit, sans avoir nuls discords,
Son cœur Anglois avec celuy de France.
Les fruits conçeuz de nostre mariage
Monstrent assez quels estoyent nos desseins ;
Nous les pensions voir un jour souverains.
Mais comme nous ils sentent cet orage.
Et vous avez rompu cette armonie,
Maudits sujets sans croyance et sans foy :
Quand vous avez fait mourir vostre Roy,
M’avez-vous pas ensemble osté la vie ?
Vous m’eussiez fait sans doute le semblable
2Quand je quittay ...
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