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Catulle MendèsLe Soleil de minuitLe Parnasse contemporain : Recueil de vers nouveaux, Alphonse Lemerre(Slatkine Reprints), 1876 (1971) (pp. 259-278).CATULLE MENDÈSLE SOLEIL DE MINUITÀ ÉMILE M***Quand l’immémoriale antiquité des joursCommençait pour ce globe et ses vides séjours,L’obscure volonté selon qui la matièreSe ruait à remplir sa destinée entièreFaisait sur le désert universel des eauxVoguer des continents comme de grands vaisseaux ;Et, la nuit, sous l’œil clair des récentes étoiles,Les forêts s’emplissaient de vent, comme des voiles !Aucun pilote humain. Seul, le Hasard savant,Capitaine pensif qui veillait à l’avant,Par l’épaisseur des mers que le sillage échancre,Guidait les lentes nefs, et, parfois, jetait l’ancre,Soit quand l’Est bleuissait, soit quand avait grandiL’épanouissement des pourpres du Midi !Des îles, à l’arrière, ainsi que des chaloupes,Lourdes, traînaient, ou bien, plus légères, par groupes,Flottilles que l’on nomme à présent archipels,S’éloignaient sous l’azur ou la brume des ciels.Plus d’une, obéissant à son propre mystère,Tenta seule, ô destins ! l’infini solitaire.Donc, au septentrion de la sphère, un îlotS’échoua dans la paix hivernale du flot.Pendant amas de blocs que la banquise épaule,Ni l’âpre vent qui sort de la bouche du pôle,Ni les souffles du sud épouvantés des mersOu le givre fleurit sur les glaçons amers,N’ont pu, depuis les jours, faire bouger de placeCette oasis de roc dans le désert de glace.Là, ...
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Français