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Variétés historiques et littéraires, Tome VIII
Le faict du procez de Baif contre Frontenay et Montguibert.
Guillaume de Baïf
1609
Le Faict du procez de Baif
1contre Frontenay et Montguibert .
Desportes, je suis revenu,
Un pied chaussé et l’autre nu,
Pour vous dire que la fortune
En me sous-riant m’importune ;
Qu’ainsi ne soit, j’avois arrest ;
Arrest d’estre arresté tout prest,
Sans cet homme plein d’artifice
Qui vint destourner la justice,
Mais pourtant ne l’evita pas ;
Car Nemesis sçait bien son cas,
Et n’en faut point d’autre asseurance
Que ce grand chancelier de France,
Qui, poussé de juste equité,
Verra son infidelité.
Nostre homme, à trois pieds barbe grise,
Pour mettre à chef son entreprise
Et tenir le monde en erreur,
Aux passages fait le pleureur,
Comme un cocodril plein de feintes,
Effrontement jette ses plaintes,
Prescrit son terme à vendredy.
Mais après tout cela je dy,
Pour mieux jouer son personnage,
Qu’il devoit dire davantage
Et demander courtoisement
Jusques au jour du jugement :
Car, quoy qu’il allonge et qu’il cause,
Il ne sçauroit gaigner sa cause,
Si ce n’est par un droict nouveau
Qu’il s’est forgé dans le cerveau.
En ce faict, que je veux descrire,
Il n’y a pas pour tous à rire ;
Toutefois le ris est commun,
Alors qu’on voit choper quelqu’un.
Or feu mon père fit des rimes,
2Dont un livre s’appelle Mimes ,
Où, s’adressant, comme je croy,
3À monseigneur de Villeroy ,
Il dit qu’il ne veut plus se taire,
Estant malheureux secretaire ;
Qu’il a bien du ...
Le faict du procez de Baif contre Frontenay et Montguibert.
Guillaume de Baïf
1609
Le Faict du procez de Baif
1contre Frontenay et Montguibert .
Desportes, je suis revenu,
Un pied chaussé et l’autre nu,
Pour vous dire que la fortune
En me sous-riant m’importune ;
Qu’ainsi ne soit, j’avois arrest ;
Arrest d’estre arresté tout prest,
Sans cet homme plein d’artifice
Qui vint destourner la justice,
Mais pourtant ne l’evita pas ;
Car Nemesis sçait bien son cas,
Et n’en faut point d’autre asseurance
Que ce grand chancelier de France,
Qui, poussé de juste equité,
Verra son infidelité.
Nostre homme, à trois pieds barbe grise,
Pour mettre à chef son entreprise
Et tenir le monde en erreur,
Aux passages fait le pleureur,
Comme un cocodril plein de feintes,
Effrontement jette ses plaintes,
Prescrit son terme à vendredy.
Mais après tout cela je dy,
Pour mieux jouer son personnage,
Qu’il devoit dire davantage
Et demander courtoisement
Jusques au jour du jugement :
Car, quoy qu’il allonge et qu’il cause,
Il ne sçauroit gaigner sa cause,
Si ce n’est par un droict nouveau
Qu’il s’est forgé dans le cerveau.
En ce faict, que je veux descrire,
Il n’y a pas pour tous à rire ;
Toutefois le ris est commun,
Alors qu’on voit choper quelqu’un.
Or feu mon père fit des rimes,
2Dont un livre s’appelle Mimes ,
Où, s’adressant, comme je croy,
3À monseigneur de Villeroy ,
Il dit qu’il ne veut plus se taire,
Estant malheureux secretaire ;
Qu’il a bien du ...
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