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Eugène Villemin — Le Parnasse contemporainLe Drame de RachelIElle est morte ; — une énigme enveloppe sa vie ; —Oublieuse de gloire et d'or inassouvie, Morte en sa puberté.Et qu'un jour l'Avenir l'accuse ou la défende,Cette mort, — cette vie, — est comme une légende Pour la Postérité.Il semblait qu'un vertige eût entraîné sa pente.Un cœur d'homme animait cette frêle charpente Faite pour un oiseau.Son public la suivait comme un dogue à la chaîne.Elle eût, de son regard, ployé le front d'un chêne, Elle, mince roseau.Jeune fille, d'un souffle, elle émouvait le globe.Elle est morte ; elle enterre en un pli de sa robe Les élans des grands jours.Dieu nous avait donné cette dernière étoile ;Et le Poëte pleure, emportés dans son voile, Le beau, l'art, ses amoursRachel vivait encor qu'elle était déjà morte ;Le lucre était venu lui semer sur sa porte Ses lourds et tristes fruits.L'Ange était retourné dans lés régions hautes ;La Muse avait dit : — Meurs ! et, jusque dans tes fautes, Remue, étonne, instruis.II« Soit ! répondit Rachel ; j'ai profané le temple ;» Je serai la victime et je serai l'exemple.» Aux marches du Veau d'or, Dieu du jour, j'accourrai ;» Mais le lucre, la soif dont on meurt, j'en mourrai.» Puisqu'aux erreurs du siècle il faut un holocauste,» Mourant ainsi, je meurs sans déserter mon poste.» Puisqu'on veut pour le drame un ressort plus ...
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Français