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Leconte de Lisle — Derniers PoèmesLe Dernier des Maourys C'était un soir du monde austral océanique.Écarlate, à demi baigné des flots dormants,Le soleil flagellait de ses rayonnementsLes longues houles d'or de la Mer Pacifique.Les lames, tour à tour, et près de s'assoupir,A travers le corail des récifs séculaires,S'en venaient, le marbrant de leurs écumes claires,S'éteindre sur le sable en un grave soupir.Or, ce soir-là, tandis que, rose sur les cimes,La lumière laissait la nuit, par bonds croissants,Escalader les monts de versants en versants,Sur le soc qui longeait la mer nous nous assîmes.Le ciel, dans le silence et dans la majesté,Planait sur la désert de l'océan paisible,Et déjà la lueur de la lune invisibleTremblait à l'Orient vaguement argenté.Osseux, la front strié de creuses rides noires.Tatoué de la face à ses maigres genoux,Le vieux Chef dilatait ses yeux jaunes sur nous,Assis sur les jarrets, les paumes aux mâchoires.Un haillon rouge autour des reins, ses blanches dentsDe carnassier mordant la largeur de sa bouche,On eût dit une idole inhumaine et faroucheQui rêve et ne peut plus fermer ses yeux ardents.A la rigidité rugueuse de ce torseLabouré de dessins l'un à l'autre enlacés,On sentait que le poids de tant de jours passésL'avait pétrifié sans en rompre la force.Tel, inerte, il songeait silencieusement.Puis enfin, retroussant sa lèvre avec un râle,Il se mit à parler d'une voix gutturale.Apre comme l'écho d'un fauve ...
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Français