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Alexandre Latil — Les ÉphémèresÉPHÉMÈRE QUINZIÈMELe DépartÉlégieÀ une sœur (Melle. Elm… T***) Amitié, nœud sacré, récompense des sages,Plaisir de tous les temps, vertu de tous les âges !Je chérirai toujours tes devoirs, tes douceurs.L’astre qui nous éclaire eut des blasphémateurs,Des monstres ont maudit sa féconde influence,D’autres ont de Dieu même abhorré l’existence,Ont haï l’Éternel. Amitié, qui jamaisA blasphémé ton nom et maudit tes bienfaits ?(Champfort)Ah ! si prenant ton vol, et si, loin de mes yeux,Sœur des anges, bientôt tu remontes près d’eux,Après m’avoir aimé quelque temps sur la terre,Souviens-toi de moi dans les cieux !(Lamartine) Ange consolateur, toi qui soutiens ma vieEt calmes ma souffrance, ô ma sœur chérie !Toi, que le Tout-Puissant fit descendre du ciel,Pour adoucir la coupe où je buvais le fielDont m’abreuva dix ans le sort dans sa colère,Tu pars ! tu vas demain abandonner ton frère,Ton frère qui, privé de ta vive amitié,Inquiet de ton sort, ne vivra qu’à moitié !Oui, ma sœur, loin de toi, sur mon lit d’agonie,Chaque jour pâlira le flambeau de ma vie.Il s’éteignit sans toi, tu sus le ranimer ;Je détestais les jours que tu me fis aimer ;Je traînais avec peine une lourde existence ;Tu fis luire en mon cœur un rayon d’espérance,Un doux rayon de joie et de félicité.Dans cet affreux désert où le sort m’a jeté,Que de fois, fatigué, maudissant la lumière,N’ai-je pas imploré la fin de ma carrière !Que de fois la ...
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