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Théophile Gautier — Premières PoésiesLe Cavalier poursuiviMoi, poète, je vais du couchant à l’aurore.JULES DE SAINT-FÉLIX.Und hurré ! hurré ! hop hop hop !BURGER.C’est un fort beau cheval : une large poitrine,Des jambes de gazelle, et dans chaque narine Une fauve lueur,La queue échevelée, une crinière folleQui se déroule au vent comme une banderole Sur le col en sueur ;Des yeux fiers, pleins de vie, ardents comme la braise,Qu’on prendrait pour deux trous au mur d’une fournaise Ou pour deux diamants,Des yeux illuminés d’une lumière rougeComme un soleil dans l’eau, qui frissonne et qui bouge À tous les mouvements ;Une croupe arrondie où des glands dorés pendent,Et de souples jarrets dont les muscles se tendent Comme des arcs d’acier ;Un ongle plus poli que le jaspe ou l’écaille.Quel roi dans son haras eut jamais qui te vaille, Ô mon noble coursier !Tu danses sur les blés comme une sauterelle,À chacun de tes pieds est attachée une aile, Ton galop, c’est un vol,Et, quand à bonds pressés tu dévores la plaine,L’oiseau reste en arrière, et l’ombre peut à peine Te suivre sur le sol.La bride sur le col, va, marche, à toi l’espace !Va, lutte de vitesse avec le vent qui passe Comme avec un rival ;Va sans crainte ; — le monde est grand, la terre est large,Le vent est déjà loin, trop de vapeur le charge, ...
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