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La Moselle (Idylle X)AusoneTraduction E.F. Corpet, 1843J’avais traversé sous un ciel nébuleux la Nava rapide, et j’avais admiré, lesnouveaux remparts ajoutés à cette bourgade antique, où les revers de la Gaulebalancèrent un jour les désastres de Cannes, où gisent à l’abandon, dans la plaine,des bataillons que nul n’a pleurés. De là, suivant à travers des forêts sauvages unchemin solitaire, où nulle trace de culture humaine ne s’offrit à mes yeux, je dépasseDumnissus, au sol aride et partout altéré, les Tabernes qu’arrose une sourceintarissable, et les champs mesurés naguère aux colons sarmates ; et je découvreenfin, sur les premiers confins des Belges, Nivomagus, lieu célèbre où campa ledivin Constantin. L’air est plus pur en ces campagnes, et Phébus, dont l’éclatresplendit sans nuage, dévoile enfin l’Olympe éblouissant de pourpre. L’oeil n’aplus à percer une voûte de rameaux entrelacés, pour chercher le ciel que luidérobent de verts ombrages ; l’air est libre, et la transparente clarté du jour necache plus aux regards ses limpides rayons étincelant dans l’espace. Je revis alorscomme une image de ma patrie, de Burdigala, de sa brillante culture, à l’aspectriant de toutes ces villas dont les faîtes s’élèvent au penchant des rivages, de cescollines où verdoie Bacchus, et de ces belles eaux de la Moselle qui roulent à leurspieds avec un doux murmure.Salut, fleuve béni des campagnes, béni des laboureurs ; les Belges te doivent cesremparts honorés du ...
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