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Victor Hugo — L’Art d’être grand-pèreIII. La Lune IJeanne songeait, sur l'herbe assise, grave et rose ;Je m'approchai : — Dis-moi si tu veux quelque chose,Jeanne ? — car j'obéis à ces charmants amours,Je les guette, et je cherche à comprendre toujoursTout ce qui peut passer par ces divines têtes.Jeanne m'a répondu : — Je voudrais voir des bêtes.Alors je lui montrai dans l'herbe une fourmi.— Vois ! Mais Jeanne ne fut contente qu'à demi.— Non, les bêtes, c'est gros, me dit-elle. Leur rêve,C'est le grand. L'Océan les attire à sa grève,Les berçant de son chant rauque, et les captivantPar l'ombre, et par la fuite effrayante du vent ;Ils aiment l'épouvante, il leur faut le prodige.— Je n'ai pas d'éléphant sous la main, répondis-je.Veux-tu quelque autre chose ? ô Jeanne, on te le doit !Parle. — Alors Jeanne au ciel leva son petit doigt.— Ça, dit-elle. — C'était l'heure où le soir commence.Je vis à l'horizon surgir la lune immense.II. CHOSES DU SOIRLe brouillard est froid, la bruyère est grise ;Les troupeaux de bœufs vont aux abreuvoirs ;La lune, sortant des nuages noirs,Semble une clarté qui vient par surprise.Je ne sais plus quand, je ne sais plus où,Maître Yvon soufflait dans son biniou.Le voyageur marche et la lande est brune ;Une ombre est derrière, une ombre est devant ;Blancheur au couchant, lueur au levant ;Ici crépuscule, et là clair de lune.Je ne sais plus quand, je ne sais ...
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