-
3
pages
-
Français
-
Documents
Description
Paul VerlaineJadis et NaguèreLéon Vanier, 1884 (pp. 134-141).À Catulle MendèsLa petite marquise Osine est toute belle,Elle pourrait aller grossir la ribambelleDes folles de Watteau sous leur chapeau de fleursEt de soleil, mais comme on dit, elle aime ailleursParisienne en tout, spirituelle et bonneEt mauvaise à ne rien redouter de personne,Avec cet air mi-faux qui fait que l’on vous croit,C’est un ange fait pour le monde qu’elle voit,Un ange blond, et même on dit qu’il a des ailes.Vingt soupirants, brûlés du feu des meilleurs zèlesAvaient en vain quêté leur main à ses seize ans,Quand le pauvre marquis, quittant ses paysansComme il avait quitté son escadron, vint faireEscale au Jockey ; vous connaissez son affaireAvec la grosse Emma de qui — l’eussions-nous cru ?Le bon garçon était absolument féru,Son désespoir après le départ de la grue,Le duel avec Gontran, c’est vieux comme la rue ;Bref il vit la petite un jour dans un salon,S’en éprit tout d’un coup comme un fou ; même l’onDit qu’il en oublia si bien son infidèleQu’on le voyait le jour d’ensuite avec Adèle.Temps et mœurs ! La petite (on sait tout aux Oiseaux)Connaissait le roman du cher, et jusques auxMoindres chapitres : elle en conçut de l’estime.Aussi quand le marquis offrit sa légitimeEt sa main contre sa menotte, elle dit : Oui,Avec un franc parler d’allégresse inouï.Les parents, voyant sans horreur ce mariage(Le marquis était riche et pouvait passer sage)Signèrent au contrat ...
-
Publié par
-
Langue
Français