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L’Antérotique de la vieille et de la jeune amyeJoachim du Bellay1 5 4 9L’Antérotique de la vieille et de la jeune amye Vieille, aussi vieille comme celle,Qui apres l'Unde universelleDu ject de la pierre fecundeEngendra la Moitié du Monde. Vieille, plus sale qu'Avarice,Vieille, qui serois bien NouriceA celle de Nestor le Saige.Vieille, qui portes au visaigeEt aux moins laids endroictz de toyDes Sillons à coucher le Doy. Vieille, qui as, ô vieille Beste!Plus d'yeux, que de cheveux en Teste.Vieille, à trois petiz bouz de DentzTous rouillez dehors, et dedens.Vieille, qui as joüe, et NarineBordées de Crasse, et farine,De bave la Bouche, et Gensive,Et les yeux d'Ecarlate vive. Vieille, qui as telle couleur,Que celle, qui par grand' douleurDu bien d'autruy se lamentant,Se va soymesmes tormentant.Et couchée à plat sur le ventreEn lieu, où point le Soleil n'entre,Pour nourrissement de ses oeuvresSe paist de Serpens, et Couleuvres. Vieille, horrible plus que Meduse,Vieille, au ventre, hola ma Muse,Veux-tu toucher les Membres ords,Qui point ne se montrent dehors?Veu que ce qui au jour se montreEst de si hydeuse rencontre,Que mesmes le Soleil se cacheDe peur d'y prendre quelque tacheJe te pry, ne t'y souille point,De peur que venant sur le pointDe la Beaulté, pour qui j'endure,Tu n'y aportes quelque ordure. Vieille doncq' plus que toy, vilaine,Vieille, qui rends semblable halaineA celle du stigieux Gouphre,Ou d'une Miniere de ...
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