-
3
pages
-
Français
-
Documents
Description
Louis Fréchette — La Légende d’un peuplePrologueL’Amérique IQuand, dans ses haltes indécises,Le genre humain, tout effaré,Ébranlait les vastes assisesDu monde mal équilibré ;Étouffant les vieilles doctrines,Quand le ferment des jours nouveauxMontait dans toutes les poitrines,Et germait dans tous les cerveaux ;Quand l’homme, clignant la paupièreDevant chaque rayon qui luit,De son crâne frappait la pierreQui toujours retombait sur lui ;Quand le siècle, dans son délire,Passant la main sur son front nu,Désespéré, tâchait de lireLe problème de l’inconnu ;Quand, sentant sa décrépitude,Enfin, l’univers aux aboisDe l’éternelle servitudeSongeait à secouer le poids ;Sous ta baguette qui féconde,Colomb, puissant magicien,Tu fis surgir le nouveau mondePour rajeunir le monde ancien.Oui, l’humanité vers l’abîmeMarchait dans l’ombre en chancelant,Lorsque, de ton geste sublime,Tu l’arrêtas dans son élan.Tu lui montrais, comme Moïse,Au bout de ton doigt souverain,La moderne terre promise :Un univers vierge et serein !Hémisphère aux rives sauvages,Étalant, comme l’Hélicon,Libre des antiques servages,Sous l’œil des cieux son flanc fécond.Oui, toute une moitié du globeDénouant, spectacle inouï,Les plis flamboyants de sa robeAux yeux du vieux monde ébloui !Quel moment ! quelle phase immense !Ce pas, marqué par Jéhova,C’est tout un passé qui s’en va,Tout un avenir qui commence !IIIIAmérique ! ― salut à toi, beau sol natal !Toi, la reine et ...
-
Publié par
-
Langue
Français