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Victor Hugo — Odes et BalladesL’ÂmeJe ne sais quel destin trouble l'esprit des mortels ;semblables à des cylindres, ils roulent çà et là, accablés d'une infinité de maux...Mais prends courage, la race des hommes est divine ;lorsque, dépouillé de ton corps,tu t'élèveras dans les régions éthérées,la mort n'aura plus sur toi de pouvoir,tu seras un dieu immortel et incorruptible.Vers dorés de Pythagore. IFils du ciel, je fuirai les honneurs de la terre ;Dans mon abaissement je mettrai mon orgueil ;Je suis le roi banni, superbe et solitaire,Qui veut le trône ou le cercueil.Je hais le bruit du monde, et je crains sa poussière.La retraite, paisible et fière,Réclame un coeur indépendant ;Je ne veux point d'esclave, et ne veux point de maître ;Laissez-moi rêver seul au désert de mon être : -J'y cherche le buisson ardent.Toi, qu'aux douleurs de l'homme un Dieu caché convie,Compagne sous les cieux de l'humble humanité,Passagère immortelle, esclave de la vie,Et reine de l'éternité,Âme ! aux instants heureux comme aux heures funèbres,Rayonne au fond de mes ténèbres,Règne sur mes sens combattus ;Oh ! de ton sceptre d'or romps leur chaîne fatale,Et nuit et jour, pareille à l'antique vestale,Veille au feu sacré des vertus.Est-ce toi dont le souffle a visité ma lyre,Ma lyre, chaste soeur des harpes de Sion ;Et qui viens dans ma nuit, avec un doux sourire,Comme une belle vision ?Sur mes terrestres fers, ô vierge glorieuse,Pose l'aile ...
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