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3
pages
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Français
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Description
Féeries, poésie
Auguste Brizeux
Revue des Deux Mondes
Tome 29, 1842
Féeries
I. LES NYMPHES ET LES FÉES
Fille d’une Suissesse et d’un père Écossais,
Née en Ploe-meùr au temps où, moi, je grandissais,
Nos trois pays rivaux, Suisse, Écosse, Bretagne,
Ont soufflé dans ton cœur l’air frais de la montagne.
Lorsque tes grands yeux clairs brillent si doucement,
On pense à l’eau d’azur qui roule au lac Léman.
Il est près de la Clyde, il est sur la colline
Un bouleau, jeune aussi, que chaque brise incline.
Ton front prêt à rougir sitôt qu’on a parlé,
C’est la fleur rose au bord du fleuve Ellé.
J’ai vu, j’ai vu passer les nymphes et les fées,
Blanches filles de l’Ouest, brunes filles du Sud ;
[1]Je compterais plutôt les vagues de Ker-Lud ,
Ou les brises du soir dans Tibur étouffées.
Il m’en souvient, ce fut dans l’île Procida
Qu’un soir je vis entrer Maria-Agatha,
Pour me faire admirer, fille encore enfantine,
Sur son corset doré sa robe levantine :
De peur de trop la voir, je détournais les yeux.
Mais quel air de chrétienne, oh ! quel air sérieux,
Quand, passant au milieu d’une belle jeunesse,
Le dimanche matin elle vint de la messe !
Ce charmant souvenir dans mon ame est resté,
Marie-Agathe, et mes vers l’ont chanté.
J’ai vu, j’ai vu passer les nymphes et les fées,
Blanches filles de l’Ouest, brunes filles du Sud ;
Je compterais plutôt les vagues de Ker-Lud,
Ou les brises du soir dans Tibur étouffées.
Comme je traversais le ruisseau de Ker-lorh,
Anna, sur un talus semé de ...
Auguste Brizeux
Revue des Deux Mondes
Tome 29, 1842
Féeries
I. LES NYMPHES ET LES FÉES
Fille d’une Suissesse et d’un père Écossais,
Née en Ploe-meùr au temps où, moi, je grandissais,
Nos trois pays rivaux, Suisse, Écosse, Bretagne,
Ont soufflé dans ton cœur l’air frais de la montagne.
Lorsque tes grands yeux clairs brillent si doucement,
On pense à l’eau d’azur qui roule au lac Léman.
Il est près de la Clyde, il est sur la colline
Un bouleau, jeune aussi, que chaque brise incline.
Ton front prêt à rougir sitôt qu’on a parlé,
C’est la fleur rose au bord du fleuve Ellé.
J’ai vu, j’ai vu passer les nymphes et les fées,
Blanches filles de l’Ouest, brunes filles du Sud ;
[1]Je compterais plutôt les vagues de Ker-Lud ,
Ou les brises du soir dans Tibur étouffées.
Il m’en souvient, ce fut dans l’île Procida
Qu’un soir je vis entrer Maria-Agatha,
Pour me faire admirer, fille encore enfantine,
Sur son corset doré sa robe levantine :
De peur de trop la voir, je détournais les yeux.
Mais quel air de chrétienne, oh ! quel air sérieux,
Quand, passant au milieu d’une belle jeunesse,
Le dimanche matin elle vint de la messe !
Ce charmant souvenir dans mon ame est resté,
Marie-Agathe, et mes vers l’ont chanté.
J’ai vu, j’ai vu passer les nymphes et les fées,
Blanches filles de l’Ouest, brunes filles du Sud ;
Je compterais plutôt les vagues de Ker-Lud,
Ou les brises du soir dans Tibur étouffées.
Comme je traversais le ruisseau de Ker-lorh,
Anna, sur un talus semé de ...
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