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Théodore Weustenraad — Poésies lyriquesFantaisie1843 Que sais-je ?Toi qui, pour découvrir l’astre d’un nouveau monde,Lanças, plus d’une fois, ton esquif orgueilleuxSur l’abîme grondant d’une mer vagabondeQui du sein de nos ports souriait à tes yeux,Mais qui revins toujours de ton lointain voyageLa voile déchirée et les mâts en débris,Sans avoir entrevu les palmiers du rivageOù tendaient tes vœux trop hardis ; Muse ! retourne en paix aux chastes solitudes,Reprends pour un seul jour tes calmes habitudes,Ceins ta robe d’azur, viens, cède à mes désirs ;Tu sais combien j’aimais, aux jours de ma jeunesse,L’ombre de ces forêts où m’appellent sans cesseTant de charmants échos et de doux souvenirs.Que de fois m’as-tu vu, bercé par leur murmure,Visité par un hôte étranger à nos bords,Interroger les voix de la grande nature,Pleines de saints accords ;Rêver, en contemplant, à travers le feuillage,Au bruit vague et lointain des cloches d’un couvent,Le vol mystérieux d’un splendide nuageEmporté par le vent !J’aimais à respirer les parfums des bruyèresQui s’épandaient, le soir, sur les lacs solitaires,Du haut des monts obscurs dormant autour de nous ;A voir se rassembler les oiseaux de nos plaines,Pour aller conquérir des plages plus sereines,Des nids plus ombragés et des gazons plus doux. Parfois même, comme eux, sans craindre les orages,Saluant mon berceau d’un dernier chant d’adieux,Je voulais m’en voler vers de nouveaux rivages,Et partir avec ...
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Français