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Johann Wolfgang von GoetheÉ p i g r a m m e s (Venise, 1790)Traduction Ralph Schropp.Auguste Ghio, éditeur, 1889 (pp. 5-56).ÉPIGRAMMESILe païen ornait d’une façon vivante les sarcophages et les urnes. Des faunesdansent tout autour et forment, avec le chœur des bacchantes, un cercle bigarré. Lejoufflu aux pieds de bouc pousse bruyamment le son voilé hors du cornet aigu.Cymbales et tambours résonnent ; nous voyons et nous entendons le marbre.Oiseaux qui voltigez, quel goût délicieux votre bec trouve au fruit ! Nul bruit ne vouschasse ; il effraie moins encore l’Amour qui, dans cette foule bariolée, s’amuseaussitôt avec sa torche. Ainsi l’abondance triomphe de la mort, et la cendre quirepose là, semble encore se réjouir de l’existence dans la silencieuse demeure.Que de la sorte ce parchemin, richement orné de vie par le poète, entoure doncplus tard son sarcophage !IIÀ peine, au ciel plus limpide, eus-je aperçu le soleil éclatant, et, du haut en bas durocher, le lierre abondamment festonné en couronnes ; à peine eus-je vu le vigneronactif marier la vigne au peuplier, un vent tiède m’arriva au-dessus du berceau deVirgile. Alors les Muses se joignirent aussitôt à l’ami ; nous nous laissâmes aller àun entretien interrompu, comme cela plaît au voyageur.IIISans cesse, plein de désirs, j’enlace la bien-aimée de mon bras ; sans cesse, moncœur s’appuie fermement contre son sein ; sans cesse, ma tête repose sur sesgenoux ; je porte mes regards sur sa bouche ...
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Français