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Victor Hugo — Les Chants du crépusculeDans l'église de ***Sommaire1 I2 II3 III4 IV5 V6 VIIC'était une humble église au cintre surbaissé,L'église où nous entrâmes,Où depuis trois cents ans avaient déjà passéEt pleuré bien des âmes.Elle était triste et calme à la chute du jour,L'église où nous entrâmes ;L'autel sans serviteur, comme un cœur sans amour,Avait éteint ses flammes.Les antiennes du soir, dont autrefois saint PaulRéglait les chants fidèles,Sur les stalles du chœur d'où s'élance leur volAvaient ployé leurs ailes.L'ardent musicien qui sur tous à pleins bordsVerse la sympathie,L'homme-esprit n'était plus dans l'orgue, vaste corpsDont l'âme était partie.La main n'était plus là, qui, vivante et jetantLe bruit par tous les pores,Tout à l'heure pressait le clavier palpitant,Plein de notes sonores,Et les faisait jaillir sous son doigt souverainQui se crispe et s'allonge,Et ruisseler le long des grands tubes d'airainComme l'eau d'une éponge.L'orgue majestueux se taisait gravementDans la nef solitaire ;L'orgue, le seul concert, le seul gémissementQui mêle aux cieux la terre !La seule voix qui puisse, avec le flot dormantEt les forêts bénies,Murmurer ici-bas quelque commencementDes choses infinies !L'église s'endormait à l'heure où tu t'endors,Ô sereine nature !À peine,quelque lampe au fond des corridorsÉtoilait l'ombre obscure.À peine on entendait flotter quelque soupir,Quelque basse parole,Comme en une forêt qui vient de ...
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