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Victor Hugo — Odes et BalladesBuonaparteIQuand la terre engloutit les cités qui la couvrent,Que le vent sème au loin un poison voyageur,Quand l'ouragan mugit, quand des monts brûlants s'ouvrent,C'est le réveil du Dieu vengeur.Et si, lassant enfin les clémences célestes,Le monde à ces signes funestesOse répondre en les bravant,Un homme alors, choisi par la main qui foudroie,Des aveugles fléaux ressaisissant la proie,Paraît, comme un fléau vivant !Parfois, élus maudits de la fureur suprême,Entre les nations des hommes sont passés,Triomphateurs longtemps armés de l'anathème,Par l'anathème renversés.De l'esprit de Nemrod héritiers formidables,Ils ont sur les peuples coupablesRégné par la flamme et le fer ;Et dans leur gloire impie, en désastres féconde,Ces envoyés du ciel sont apparus au monde,Comme s'ils venaient de l'enfer !IINaguère, de lois affranchis,Quand la reine des nationsDescendit de la monarchie,Prostituée aux factions,On vit, dans ce chaos fétideNaître de l'hydre régicideUn despote, empereur d'un camp.Telle souvent la mer qui grondeDévore une plaine fécondeEt vomit un sombre volcan.D'abord, troublant du Nil les hautes catacombes,Il vint, chef populaire, y combattre en courant,Comme pour insulter des tyrans dans leurs tombes,Sous sa tente de conquérant. –Il revint pour régner sur ses compagnons d'armes.En vain l'auguste France en larmesSe promettait des jours plus beaux ;Quand des vieux pharaons il foulait la couronne ...
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