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Victor Hugo — Les ChâtimentsApplaudissementÔ grande nation, vous avez à cette heure, Tandis qu'en bas dans l'ombre on souffre, on râle, on pleure, Un empire qui fait sonner ses étriers, Les éblouissements des panaches guerriers, Une cour où pourrait trôner le roi de Thune, Une Bourse où l'on peut faire en huit jours fortune, Des rosières jetant aux soldats leurs bouquets Vous avez des abbés, des juges, des laquais, Dansant sur des sacs d'or une danse macabre, La banque à deux genoux qui harangue le sabre, Des boulets qu'on empile au fond des arsenaux, Un sénat, les sermons remplaçant les journaux, Des maréchaux dorés sur toutes les coutures, Un Paris qu'on refait tout à neuf, des voitures A huit chevaux, entrant dans le Louvre à grand bruit, Des fêtes tout le jour, des bals toute la nuit, Des lampions, des jeux, des spectacles ; en somme, Tu t'es prostituée à ce misérable homme ! Tout ce que tu conquis est tombé de tes mains ; On dit les vieux français comme les vieux romains, Et leur nom fait songer leurs fils rouges de honte ; Le monde aimait ta gloire et t'en demande compte, Car il se réveillait au bruit de ton clairon. Tu contemples d'un oeil abruti ton Néron Qu'entourent des Romieux déguisés en Sénèques ; Tu te complais à voir brailler ce tas d'évêques Qui, pendant que César se vautre en son harem, Entonnent leur Salvum fac imperatorem. (Au fait, faquin devait se trouver dans la phrase.) Ton âme est comme un chien sous le pied qui ...
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