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Paul VerlaineJadis et NaguèreLéon Vanier, 1884 (pp. 149-156).◄ Don Juan pipé Amoureuse du DiableÀ Stéphane Mallarmé Il parle italien avec un accent russe. Il dit : " Chère, il serait précieux que je fusse " Riche, et seul, tout demain et tout après-demain. " Mais riche à paver d'or monnayé le chemin " De l'Enfer, et si seul qu'il vous va falloir prendre " Sur vous de m'oublier jusqu'à ne plus entendre " Parler de moi sans vous dire de bonne foi : " Qu'est-ce que ce monsieur Félice ? Il vend de quoi ? " Cela s'adresse à la plus blanche des comtesses. Hélas ! toute grandeur, toutes délicatesses, Cœur d'or, comme l'on dit, âme de diamant, Riche, belle, un mari magnifique et charmant Qui lui réalisait toute chose rêvée, Adorée, adorable, une Heureuse, la Fée, La Reine, aussi la Sainte, elle était tout cela, Elle avait tout cela. Cet homme vint, vola Son cœur, son âme, en fit sa maîtresse et sa chose Et ce que la voilà dans ce doux peignoir rose Avec ses cheveux d'or épars comme du feu, Assise, et ses grands yeux d'azur tristes un peu. Ce fut une banale et terrible aventure Elle quitta de nuit l'hôtel. Une voiture Attendait. Lui dedans. Ils restèrent six mois Sans que personne sût où ni comment. Parfois On les disait partis à toujours. Le scandale Fut affreux. Cette allure était par trop brutale Aussi pour que le monde ainsi mis au défi N'eût pas frémi ...
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Français