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Alexis Martin — Le Parnasse contemporainÀ Vénus de Milo(STATUETTE)O Vénus de Milo ! ma chère statuette,Seul reste d'un amour comme toi mutilé,Mon cœur, mon pauvre cœur, qui souffre et qui regrette,En ces strophes t'adresse un soupir désolé ;Je crois que tu dois bien comprendre ma tristesse,O chef-d'œuvre incomplet ! — comme tout ici-bas. —Où puis-je mieux pleurer, poëte sans maîtresse,Que sur le sein meurtri de la Vénus sans bras ?...Hélas ! tu l'as connue avant moi. — Dans sa chambrePour la première fois quand j'entrai si joyeux,C'était, — t'en souvient-il, — l'an dernier, en décembre,Après elle, sur toi s'arrêtèrent mes yeux.Pressentais-je déjà qu'un jour viendrait où d'elleEt de ce grand amour qui ne devait finir,Toi seule resterais, témoin cher et fidèleEt muet souvenir ?... Plus tard, quand elle vint habiter ma demeure,Ce nid, que j'avais fait exprès pour elle et moi ;— Réduit vide, à présent, où bien souvent je pleure,T'en souvient-il encor ? elle y vint avec toi ;Quand elle eut arrangé les choses à sa guise :La chambre à coucher bleue et mon cabinet vert ;Du haut de l'étagère où sa main t'avait mise,Vénus, n'as-tu pas cru voir ton temple rouvert ?O Vénus ! quelquefois à l'heure du mystère,Quand nos noms confondus mouraient dans un baiser,N'as-tu pas cru sentir sous ta gorge de pierreUn cœur qui s'éveillait et voulait se briser ?Et quand tu nous voyais follement nous étreindre,Aux rapides instants des désirs exaucés,N'as-tu pas dû ...
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