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Théophile Gautier — Premières PoésiesÀ mon ami Eugène de N***Les parfums les plus doux et les plus belles fleursPerdoient en un instant leurs charmantes odeurs;Tous ces mets savoureux dont je chargeois ma tableNe m’ont jamais offerts qu’un plaisir peu durable,Oublié le jour même et suivi de regrets.Mais de ces jours heureux, Xanthus, et de ces veillesOù de savans discours ont charmé mes oreilles,Il m’en reste des fruits qui ne mourront jamais.CALLIMAQUE, traduction de La Porte Duteil.Vous voyez bien que j’ai mille choses à dire.Hernani.Ne t’en va pas, Eugène, il n’est pas tard, la luneÀ l’angle du carreau, sur l’atmosphère bruneN’a pas encor paru: nous causerons un peu,Car causer est bien doux le soir, auprès du feu,Lorsque tout est tranquille et qu’on entend à peineEntre les arbres nus glisser la froide haleineDe la brise nocturne, et la chauve-sourisEn tournoyant dans l’air pousser de faibles cris.Reste; nous causerons de quelque jeune fille,Dont la lèvre sourit, dont la prunelle brille,Et que nous avons vue, en promenant un jour,Passer devant nos yeux comme un ange d’amour;De nos auteurs chéris, Victor et Sainte-Beuve,Aigles audacieux, qui d’une route neuveEt d’obstacles semée ont tenté les hasards,Malgré les coups de bec de mille geais criards;Et d’Alfred de Vigny, qui d’une main savanteDessina de Cinq-Mars la figure vivante;Et d’Alfred de Musset et d’Antoni Deschamps,Et d’eux tous dont la voix chante de nouveaux chants;Des vieux ...
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