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Victor Hugo — Odes et BalladesA M. Alphonse de L.Or, sachant ces choses, nous venons enseigner aux hommes la crainte de Dieu.II COR., V.IPourtant je m'étais dit : "Abritons mon navire.Ne livrons plus ma voile au vent qui la déchire.Cachons ce luth. Mes chants peut-être auraient vécu !Soyons comme un soldat qui revient sans murmureSuspendre à son chevet un vain reste d'armure,Et s'endort, vainqueur ou vaincu !"Je ne demandais plus à la muse que j'aimeQu'un seul chant pour ma mort, solennel et suprême !Le poëte avec joie au tombeau doit s'offrir ;S'il ne souriait pas au moment où l'on pleure,Chacun lui dirait : "Voici l'heure !Pourquoi ne pas chanter, puisque tu vas mourir ?"C'est que la mort n'est pas ce que la foule en pense !C'est l'instant où notre âme obtient sa récompense,Où le fils exilé rentre au sein paternel.Quand nous penchons près d'elle une oreille inquiète,La voix du trépassé, que nous croyons muette,A commencé l'hymne éternel !IIPlus tôt que je n'ai dû, je reviens dans la lice ;Mais tu le veux, ami ! Ta muse est ma complice ;Ton bras m'a réveillé ; c'est toi qui m'as dit : "Va !Dans la mêlée encor jetons ensemble un gage ;De plus en plus elle s'engage.Marchons, et confessons le nom de Jéhova !"J'unis donc à tes chants quelques chants téméraires.Prends ton luth immortel : nous combattrons en frèresPour les mêmes autels et les mêmes foyers.Montés au même char, comme un couple homérique,Nous tiendrons, pour lutter dans l'arène ...
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