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Leconte de Lisle - Poèmes antiques
Préface
Ce livre est un recueil d’études, un retour réfléchi à des formes négligées ou peu
connues. Les émotions personnelles n’y ont laissé que peu de traces ; les passions
et les faits contemporains n’y apparaissent point. Bien que l’art puisse donner, dans
une certaine mesure, un caractère de généralité à tout ce qu’il touche, il y a dans
l’aveu public des angoisses du cœur et de ses voluptés non moins amères, une
vanité et une profanation gratuites. D’autre part, quelque vivantes que soient les
passions politiques de ce temps, elles appartiennent au monde de l’action ; le
travail spéculatif leur est étranger. Ceci explique l’impersonnalité et la neutralité de
ces études. Il est du reste un fonds commun à l’homme et au poëte, une somme de
vérités morales et d’idées dont nul ne peut s’abstraire ; l’expression seule en est
multiple et diverse. Il s’agit de l’apprécier en elle-même. Or, ces poëmes seront
peut-être accusés d’archaïsme et d’allures érudites peu propres à exprimer la
spontanéité des impressions et des sentiments ; mais si leur donnée particulière
est admise, l’objection est annihilée. Exposer l’opportunité et la raison des idées
qui ont présidé à leur conception, sera donc prouver la légitimité des formes qu’ils
ont revêtues.
En ce temps de malaise et de recherches inquiètes, les esprits les plus avertis et
les plus fermes s’arrêtent et se consultent. Le reste ne sait ni d’où il vient, ni où il va ;
il cède aux agitations ...
Préface
Ce livre est un recueil d’études, un retour réfléchi à des formes négligées ou peu
connues. Les émotions personnelles n’y ont laissé que peu de traces ; les passions
et les faits contemporains n’y apparaissent point. Bien que l’art puisse donner, dans
une certaine mesure, un caractère de généralité à tout ce qu’il touche, il y a dans
l’aveu public des angoisses du cœur et de ses voluptés non moins amères, une
vanité et une profanation gratuites. D’autre part, quelque vivantes que soient les
passions politiques de ce temps, elles appartiennent au monde de l’action ; le
travail spéculatif leur est étranger. Ceci explique l’impersonnalité et la neutralité de
ces études. Il est du reste un fonds commun à l’homme et au poëte, une somme de
vérités morales et d’idées dont nul ne peut s’abstraire ; l’expression seule en est
multiple et diverse. Il s’agit de l’apprécier en elle-même. Or, ces poëmes seront
peut-être accusés d’archaïsme et d’allures érudites peu propres à exprimer la
spontanéité des impressions et des sentiments ; mais si leur donnée particulière
est admise, l’objection est annihilée. Exposer l’opportunité et la raison des idées
qui ont présidé à leur conception, sera donc prouver la légitimité des formes qu’ils
ont revêtues.
En ce temps de malaise et de recherches inquiètes, les esprits les plus avertis et
les plus fermes s’arrêtent et se consultent. Le reste ne sait ni d’où il vient, ni où il va ;
il cède aux agitations ...
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