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22
pages
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Français
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Documents
Description
Denis Diderot
Pensées sur l’interprétation de la nature
Garnier, 1875-77 (pp. 7-63).
◄ Notice préliminaire
AUX JEUNES GENS
qui se disposent à l’étude
DE LA PHILOSOPHIE NATURELLE
Jeune homme, prends et lis. Si tu peux aller jusqu’à la fin de cet ouvrage, tu ne seras pas incapable d’en entendre un meilleur.
Comme je me suis moins proposé de t’instruire que de t’exercer, il m’importe peu que tu adoptes mes idées ou que tu les rejettes,
pourvu qu’elles emploient toute ton attention. Un plus habile t’apprendra à connaître les forces de la nature ; il me suffira de t’avoir
fait essayer les tiennes. Adieu.
P. S. Encore un mot, et je te laisse. Aie toujours présent à l’esprit que la nature n’est pas Dieu ; qu’un homme n’est pas une
machine ; qu’une hypothèse n’est pas un fait : et sois assuré que tu ne m’auras point compris, partout où tu croiras apercevoir
quelque chose de contraire à ces principes.
« Quæ sunt in luce tuemur
E tenebris. »
Lucret. De Rerum natura, lib. VI.
I.
C’est de la nature que je vais écrire. Je laisserai les pensées se succéder sous ma plume, dans l’ordre même selon lequel les objets
se sont offerts à ma réflexion ; parce qu’elles n’en représenteront que mieux les mouvements et la marche de mon esprit. Ce seront,
ou des vues générales sur l’art expérimental, ou des vues particulières sur un phénomène qui paraît occuper tous nos philosophes, et
les diviser en deux classes. Les uns ont, ce me semble, beaucoup d’instruments et peu d’idées ; les autres ont ...
Pensées sur l’interprétation de la nature
Garnier, 1875-77 (pp. 7-63).
◄ Notice préliminaire
AUX JEUNES GENS
qui se disposent à l’étude
DE LA PHILOSOPHIE NATURELLE
Jeune homme, prends et lis. Si tu peux aller jusqu’à la fin de cet ouvrage, tu ne seras pas incapable d’en entendre un meilleur.
Comme je me suis moins proposé de t’instruire que de t’exercer, il m’importe peu que tu adoptes mes idées ou que tu les rejettes,
pourvu qu’elles emploient toute ton attention. Un plus habile t’apprendra à connaître les forces de la nature ; il me suffira de t’avoir
fait essayer les tiennes. Adieu.
P. S. Encore un mot, et je te laisse. Aie toujours présent à l’esprit que la nature n’est pas Dieu ; qu’un homme n’est pas une
machine ; qu’une hypothèse n’est pas un fait : et sois assuré que tu ne m’auras point compris, partout où tu croiras apercevoir
quelque chose de contraire à ces principes.
« Quæ sunt in luce tuemur
E tenebris. »
Lucret. De Rerum natura, lib. VI.
I.
C’est de la nature que je vais écrire. Je laisserai les pensées se succéder sous ma plume, dans l’ordre même selon lequel les objets
se sont offerts à ma réflexion ; parce qu’elles n’en représenteront que mieux les mouvements et la marche de mon esprit. Ce seront,
ou des vues générales sur l’art expérimental, ou des vues particulières sur un phénomène qui paraît occuper tous nos philosophes, et
les diviser en deux classes. Les uns ont, ce me semble, beaucoup d’instruments et peu d’idées ; les autres ont ...
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Français
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Poids de l'ouvrage
2 Mo