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PENSÉESESSAIS ET MAXIMESDE J. JOUBERT.[1]TITRE PRÉLIMINAIRE .L’AUTEUR PEINT PAR LUI-MÊME.——J’ai donné mes fleurs et mon fruit : je ne suis plus qu’un tronc retentissant ; maisquiconque s’assied à mon ombre et m’entend, devient plus sage.Je ressemble en beaucoup de choses au papillon : comme lui j’aime la lumière ;comme lui j’y brûle ma vie ; comme lui j’ai besoin, pour déployer mes ailes, quedans la société il fasse beau autour de moi, et que mon esprit s’y sente environnéet comme pénétré d’une douce température, celle de l’indulgence ; j’ai l’esprit et lecaractère frileux.J’ai besoin que les regards de la faveur luisent sur moi. C’est de moi qu’il est vraide dire : « qui plaît est roi, qui ne plaît plus n’est « rien. » je vais où l’on me désirepour le moins aussi volontiers qu’où je me plais.J’ai de la peine à quitter Paris, parce qu’il faut me séparer de mes amis, et de lapeine à quitter la campagne, parce qu’il faut me séparer de moi.J’ai la tête fort aimante et le cœur têtu. Tout ce que j’admire m’est cher, et tout cequi m’est cher ne peut me devenir indifférent.Philanthropie et repentir est ma devise.J’aime peu la prudence si elle n’est morale. J’ai mauvaise opinion du lion depuisque je sais que son pas est oblique. Quand mes amis sont borgnes, je les regarde de profil.Je ne veux ni d’un esprit sans lumière, ni d’un esprit sans bandeau. Il faut savoirbravement s’aveugler pour le bonheur de la vie.Au lieu de me plaindre de ce que la rose a ...
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Français
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