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Français
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Gustave FlaubertŒuvres de jeunesse, IIConard, 1910 (pp. 162-256).[1]NOVEMBRE .FRAGMENTS DE STYLE QUELCONQUE.« Pour… niaiser etfantastiquer. »Montaigne.J’aime l’automne, cette triste saison va bien aux souvenirs. Quand les arbres n’ontplus de feuilles, quand le ciel conserve encore au crépuscule la teinte rousse quidore l’herbe fanée, il est doux de regarder s’éteindre tout ce qui naguère encorebrûlait en vous.Je viens de rentrer de ma promenade dans les prairies vides, au bord des fossésfroids où les saules se mirent ; le vent faisait siffler leurs branches dépouillées,quelquefois il se taisait, et puis recommençait tout à coup ; alors les petites feuillesqui restent attachées aux broussailles tremblaient de nouveau, l’herbe frissonnait ense penchant sur terre, tout semblait devenir plus pâle et plus glacé ; à l’horizon ledisque du soleil se perdait dans la couleur blanche du ciel, et le pénétrait alentourd’un peu de vie expirante. J’avais froid et presque peur.Je me suis mis à l’abri derrière un monticule de gazon, le vent avait cessé. Je nesais pourquoi, comme j’étais là, assis par terre, ne pensant à rien et regardant auloin la fumée qui sortait des chaumes, ma vie entière s’est placée devant moicomme un fantôme, et l’amer parfum des jours qui ne sont plus m’est revenu avecl’odeur de l’herbe séchée et des bois morts ; mes pauvres annéesont repassé devant moi, comme emportées par l’hiver dans une tourmentelamentable ; quelque chose de terrible ...
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Langue
Français
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