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14
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Description
Monsieur Prokhartchine
Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
1846
Traduction Jean-Wladimir Bienstock
Prohartchine (Gospodine Prohartchine), écrit en 1846, a paru dans « Les Annales
de la Patrie » en octobre 1846, t. XLVIII.
I.
Le plus sombre, le plus humble coin du logement d’Oustinia Féodorovna, Sémione
Ivanovitch Prohartchine l’occupait. C’était un homme déjà mûr, très sage et qui ne
buvait pas. Petit employé, il n’avait d’appointements que juste ce que comportaient
ses capacités et Oustinia Féodorovna estimait ne pouvoir décemment lui
demander plus de cinq roubles par mois. D’aucuns ne voyaient dans cette
longanimité qu’une conséquence de certain calcul tendancieux ; en tout cas, était-
ce pour faire la nique aux médisants ? – elle en était venue à traiter M. Prohartchine
comme un favori, mais en tout bien, tout honneur. Notons qu’Oustinia Féodorovna,
femme des plus respectables et de forte corpulence, et qui faisait preuve d’un
penchant très vif pour les viandes et le café en même temps que d’un dégoût
marqué pour les jours maigres, avait encore d’autres locataires. Mais ceux-ci
payaient deux fois plus cher que Sémione Ivanovitch. Ces êtres turbulents, ces
« mauvais blagueurs » s’étaient ruinés dans l’esprit de la logeuse en se moquant
d’elle et de sa situation de veuve sans défense. Sans leur ponctualité à payer leurs
loyers, elle n’eût jamais consenti, je ne dis pas à les héberger, mais seulement à les
voir.
Sémione Ivanovitch avait été promu favori d’Oustinia Féodorovna ...
Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
1846
Traduction Jean-Wladimir Bienstock
Prohartchine (Gospodine Prohartchine), écrit en 1846, a paru dans « Les Annales
de la Patrie » en octobre 1846, t. XLVIII.
I.
Le plus sombre, le plus humble coin du logement d’Oustinia Féodorovna, Sémione
Ivanovitch Prohartchine l’occupait. C’était un homme déjà mûr, très sage et qui ne
buvait pas. Petit employé, il n’avait d’appointements que juste ce que comportaient
ses capacités et Oustinia Féodorovna estimait ne pouvoir décemment lui
demander plus de cinq roubles par mois. D’aucuns ne voyaient dans cette
longanimité qu’une conséquence de certain calcul tendancieux ; en tout cas, était-
ce pour faire la nique aux médisants ? – elle en était venue à traiter M. Prohartchine
comme un favori, mais en tout bien, tout honneur. Notons qu’Oustinia Féodorovna,
femme des plus respectables et de forte corpulence, et qui faisait preuve d’un
penchant très vif pour les viandes et le café en même temps que d’un dégoût
marqué pour les jours maigres, avait encore d’autres locataires. Mais ceux-ci
payaient deux fois plus cher que Sémione Ivanovitch. Ces êtres turbulents, ces
« mauvais blagueurs » s’étaient ruinés dans l’esprit de la logeuse en se moquant
d’elle et de sa situation de veuve sans défense. Sans leur ponctualité à payer leurs
loyers, elle n’eût jamais consenti, je ne dis pas à les héberger, mais seulement à les
voir.
Sémione Ivanovitch avait été promu favori d’Oustinia Féodorovna ...
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Français
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