-
3
pages
-
Français
-
Documents
Description
M a r i a
S a i n t e - B e u v e
Revue des Deux Mondes T.2, 1843
Maria (Sainte-Beuve) (Revue des Deux Mondes)
Incomtum Lacenae
More comam religata nodum.
HORACE
A M. DE LURDE
Sur un front de quinze ans la chevelure est belle ;
Elle est de l’arbre en fleurs la grace naturelle,
Le luxe du printemps et son premier amour :
Le sourire la suit et voltige alentour ;
La mère en est heureuse, et dans sa chaste joie
Seule en sait les trésors et seule les déploie ;
Les cœurs des jeunes gens, en passant remués,
Sont pris aux frais bandeaux décemment renoués ;
Y poser une fleur est la gloire suprême :
Qui la pose une fois la détache lui-même.
Même aux jeunes garçons, sous l’airain des combats,
La boucle à flots tombans, certes, ne messied pas :
Qu’Euphorbe si charmant, la tête renversée,
Boive aux murs d’Ilion la sanglante rosée,
C’est un jeune olivier au feuillage léger,
Qui, tendrement nourri dans l’enclos d’un verger,
N’a connu que vents frais et source qui s’épanche,
Et, tout blanc, s’est couvert de fleurs à chaque branche ;
Mais d’un coup furieux l’ouragan l’a détruit :
Il jonche au loin la terre, et la pitié le suit.
Quand une vierge est morte, en ce pays de Grèce,
Autour de son tombeau j’aperçois mainte tresse,
Des chevelures d’or, avec ces mots touchans :
« De l’aimable Timas, ou dÉrinne aux doux chants,
La cendre ici repose : à l’aube d’hyménée,
Vierge, elle s’est sentie au lit sombre entraînée.
Ses compagnes en deuil, sous le ...
S a i n t e - B e u v e
Revue des Deux Mondes T.2, 1843
Maria (Sainte-Beuve) (Revue des Deux Mondes)
Incomtum Lacenae
More comam religata nodum.
HORACE
A M. DE LURDE
Sur un front de quinze ans la chevelure est belle ;
Elle est de l’arbre en fleurs la grace naturelle,
Le luxe du printemps et son premier amour :
Le sourire la suit et voltige alentour ;
La mère en est heureuse, et dans sa chaste joie
Seule en sait les trésors et seule les déploie ;
Les cœurs des jeunes gens, en passant remués,
Sont pris aux frais bandeaux décemment renoués ;
Y poser une fleur est la gloire suprême :
Qui la pose une fois la détache lui-même.
Même aux jeunes garçons, sous l’airain des combats,
La boucle à flots tombans, certes, ne messied pas :
Qu’Euphorbe si charmant, la tête renversée,
Boive aux murs d’Ilion la sanglante rosée,
C’est un jeune olivier au feuillage léger,
Qui, tendrement nourri dans l’enclos d’un verger,
N’a connu que vents frais et source qui s’épanche,
Et, tout blanc, s’est couvert de fleurs à chaque branche ;
Mais d’un coup furieux l’ouragan l’a détruit :
Il jonche au loin la terre, et la pitié le suit.
Quand une vierge est morte, en ce pays de Grèce,
Autour de son tombeau j’aperçois mainte tresse,
Des chevelures d’or, avec ces mots touchans :
« De l’aimable Timas, ou dÉrinne aux doux chants,
La cendre ici repose : à l’aube d’hyménée,
Vierge, elle s’est sentie au lit sombre entraînée.
Ses compagnes en deuil, sous le ...
-
Publié par
-
Langue
Français