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S a t i r e sH o r a c eTraduction Louis-Vincent RaoulSATIRE VI.Un domaine modique, un bois tranquille et frais,Un Jardin, un toit simple, une fontaine auprès,C’étaient tous mes désirs. Les dieux pleins d’indulgenceOnt passé de mes vœux la modeste exigence.Daigne, fils de Maia, dans une heureuse paix,Longtemps me conserver les présents qu’ils m’ont faits !Si d’un peu de fortune acquise sans bassesse,Je sais, loin des excès, jouir avec sagesse :Si l’on ne me voit point tout bas, entre les dents,Murmurer aux autels de ces vœux impudents :« Puissé-je quelque jour de ce morceau de terre, » Pour arrondir mon champ, me voir propriétaire ! » Puissé-je, la fortune aussi me protégeant, » Rencontrer sous ma bêche une cruche d’argent, » Comme ce laboureur qui, la vue éblouie, » Trouva sous sa charrue une somme enfouie » Et, grâce au bon Hercule, enrichi dans un jour, » De fermier qu’il était devint maître à son tour ! »Enfin le sort heureux que le ciel me procure,Si j’en sens tout le prix, ô propice Mercure,Rends mes bœufs plus pesants et mes esprits moins lourds,Et sois, comme en tout temps, mon guide et mon recours.Maintenant qu’échappé du fracas de la ville,Et comme dans un fort, en mon champêtre asyle,Exempt d’ambition, sans soins, sans embarrasJe ne crains ni l’auster précurseur du trépas,Ni l’automne de qui l’influence funesteEnrichit plus le styx que la guerre et la peste,Quel sujet convient mieux à mes vers familiersQue les champs et la paix ...
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