-
5
pages
-
Français
-
Documents
Description
Les ouvriersJ-J. BaudeRevue des Deux Mondes T. 22, 1848Les Ouvriers (Revue des Deux Mondes 1848)Une partie de ma vie s’est écoulée au milieu de travaux qui m’ont mis en contact immédiat avec les ouvriers, non ceux des ateliers oùs’énervent trop souvent l’ame et le corps, mais ceux qui manient la bêche et la charrue, nivèlent le sol, font éclater les rochers, fouillentles entrailles de la terre, mettent en œuvre le fer et le bois, ou transportent sur les routes, les fleuves et les mers, les fruits del’agriculture et de l’industrie. Je pourrais même, aujourd’hui que le titre d’ouvrier est presque aussi recherché que l’étaient, il y aquelques mois, ceux de vicomte et de marquis, me mettre à le porter tout comme un autre ; je suis, en effet, mineur tout au moinsautant que Paul-Louis Courier était vigneron et que M. Albert est, dit-on, ouvrier mécanicien. Je plaindrais celui qui, s’étant associéaux labeurs, aux peines, aux plaisirs simples, aux affections naïves de ces rudes travailleurs, ne se sentirait pas pénétré pour euxd’une profonde sympathie. Au premier rang de leurs qualités attachantes est la rectitude d’esprit avec laquelle ils savent apprécier lesobjets habituels de leurs sollicitudes ; la sérénité de leur jugement n’est troublée ni par les préoccupations de l’amour-propre, ni parles arrière-pensées de l’ambition, et, s’ils se trompent, la pression des forces tantôt vives, tantôt inertes de la nature, avec lesquellesils sont directement aux prises, ...
-
Publié par
-
Langue
Français