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Les Lauriers sont coupésÉdouard DujardinParu dans la Revue indépendante, tomes 3 et 4, 1887[I][1][II] IIIIVVVIVIIVIIIIXNote1. ↑ Dans la publication originale de 1888, les numéros des deux premiers chapitres nefiguraient pas. Ils furent rétablis par la suite. (Note Wikisource)Les Lauriers sont coupés : IUn soir de soleil couchant, d’air lointain, de cieux profonds ; et des foules qui confuses vont ; des bruits, des ombres, des multitudes ;des espaces infiniment en l’oubli d’heures étendus ; un vague soir...Car sous le chaos des apparences, parmi les durées et les sites, dans l’illusoire des choses qui s’engendrent et qui s’enfantent, et enla source éternelle des causes, un avec les autres, un comme avec les autres, distinct des autres, semblable aux autres, apparaissantun le même et un de plus, un de tous donc surgissant, et entrant à ce qui est, et de l’infini des possibles existences, je surgis ; et voicique pointe le temps et que pointe le lieu ; c’est l’aujourd’hui ; c’est l’ici ; l’heure qui sonne ; et au long de moi, la vie ; je me lève le tristeamoureux du mystère génital ; en moi s’oppose à moi l’advenant de frêle corps et de fuyante pensée ; et me naît le toujours vécu rêvede l’épars en visions multiples et désespéré désir... Voici l’heure, le lieu, un soir d’avril, Paris, un soir clair de soleil couchant, lesmonotones bruits, les maisons blanches, les feuillages d’ombres ; le soir plus doux, et une joie d’être quelqu’un, d’aller ; les ...
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Français
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