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La Revue indépendante, mai 1888 (pp. 205-227)Traduction de Stéphane MallarméLe « Ten o’clock » de M. WhistlerLe « Ten O’Clock »Conférence faite, à dix heures du soir : Londres (le 20 février), Cambridge (le 24 mars) Oxford (le 30avril, 1885).LE “TEN O’CLOCK”DEM. WHISTLERMesdames et Messieurs,C’est avec une grande hésitation, et pas mal de crainte, que je parais devant vous,dans le rôle de prédicateur.Si la timidité a quelque rapport avec la vertu de modestie, et me peut valoir votrefaveur, je vous prie, au nom de cette vertu, de m’accorder toute indulgence.Je plaiderais mon manque d’habitude, s’il n’était d’abord invraisemblable, à enjuger par les précédents, qu’on pût s’attendre à rien d’autre qu’à l’effronterie la plusmanifeste, en raison à mon sujet — car je ne veux pas vous cacher que je mepropose de vous parler sur l’Art. Oui, l’Art — qui depuis peu est devenu, au moinsautant que la discussion ou les écrits aient pu en faire cela, une sorte de lieucommun pour l’heure du thé.L’Art sévit par la ville ! — la galanterie du passant le prend au menton — le maîtrede maison l’invite à blanchir son seuil — on le presse de se joindre à la compagnie,en gage de culture et de raffinement.Si la familiarité peut engendrer le mépris, l’Art certainement — ou ce qu’on prendcouramment pour lui — en est arrivé à son degré le plus bas d’intimité avec tous.Les gens, on les a harassés de l’Art sous toutes les formes, on les a contraints partous les moyens de le ...
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Français