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148
pages
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Français
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Documents
Description
Le Peuple de la mer
Marc Elder
1913
Texte sur une page, Format Pdf
I – La barque
II – La femme
III – La mer
Le Peuple de la mer : Texte entier
LA BARQUE
Neuf heures sonnaient au timbre fêlé de l’église quand Urbain Coët sortit de chez Goustan. Sur le seuil, que la lampe teinta de
lumière rouge, le vieux Mathieu l’assura de nouveau en lui serrant la main :
— Et tu seras content, mon gars, ta barque sera belle !
Urbain partit, emporté doucement, comme à la voile, par son cœur et roulant dans le bonheur. Ses galoches fouettaient le pavage
inégal du quai, dominé de mâtures à demi effacées par la nuit. Il savait que sa barque reposait là-bas de l’autre côté du port, sous un
hangar indistinct, mais vers lequel il regarda par habitude et par plaisir.
Il crut rêver et s’arrêta court. Une lueur a fulguré dans les ténèbres et l’eau lui apporte un craquement de planches, un froissement de
copeaux. D’instinct, il s’immobilise, en arrêt, sondant la nuit de tous ses sens. Et il devine les mouvements d’une ombre sous l’enclos
du chantier.
Silencieusement Urbain tire ses galoches, se trousse et descend à la yole qui flotte au bas de l’escalier. Il déborde sans bruit, glisse
à coups étouffés de godille, accoste. Mais à peine arrive-t-il au coin du baraquement qu’une flambée lui brûle les yeux.
D’un saut, Coët tombe sur un homme accroupi, l’enlève et d’un effort énorme le culbute en plein port. Un choc sur la mer. Coët s’est
jeté vers le feu qu’il étouffe sous sa vareuse, sous ses pieds, ...
Marc Elder
1913
Texte sur une page, Format Pdf
I – La barque
II – La femme
III – La mer
Le Peuple de la mer : Texte entier
LA BARQUE
Neuf heures sonnaient au timbre fêlé de l’église quand Urbain Coët sortit de chez Goustan. Sur le seuil, que la lampe teinta de
lumière rouge, le vieux Mathieu l’assura de nouveau en lui serrant la main :
— Et tu seras content, mon gars, ta barque sera belle !
Urbain partit, emporté doucement, comme à la voile, par son cœur et roulant dans le bonheur. Ses galoches fouettaient le pavage
inégal du quai, dominé de mâtures à demi effacées par la nuit. Il savait que sa barque reposait là-bas de l’autre côté du port, sous un
hangar indistinct, mais vers lequel il regarda par habitude et par plaisir.
Il crut rêver et s’arrêta court. Une lueur a fulguré dans les ténèbres et l’eau lui apporte un craquement de planches, un froissement de
copeaux. D’instinct, il s’immobilise, en arrêt, sondant la nuit de tous ses sens. Et il devine les mouvements d’une ombre sous l’enclos
du chantier.
Silencieusement Urbain tire ses galoches, se trousse et descend à la yole qui flotte au bas de l’escalier. Il déborde sans bruit, glisse
à coups étouffés de godille, accoste. Mais à peine arrive-t-il au coin du baraquement qu’une flambée lui brûle les yeux.
D’un saut, Coët tombe sur un homme accroupi, l’enlève et d’un effort énorme le culbute en plein port. Un choc sur la mer. Coët s’est
jeté vers le feu qu’il étouffe sous sa vareuse, sous ses pieds, ...
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Français
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