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La vie où la mort de l'artWilliam Morris1884L'ouvrier de nos jours peut être tenté de penser que l'art n'est pas une chose qui luiconcerne beaucoup. A parler crûment, il n'est pas assez riche pour prendre sa partde l'art (il y en a plutôt peu, pour tout dire) tel qu'il se pratique dans les payscivilisés. Son salaire est précaire, son domicile l'est aussi, et par-dessus le marchéil est presque toujours reculé dans les coins les plus malpropres de nos malpropresrues, si bien qu'au risque d'offenser les braves gens qui mettent leurs faibles effortsà gratifier leurs « frères pauvres » de quelques bribes d'art, il faut dire que lamaison de l'ouvrier est nécessairement dénuée d'art ; en vérité, tenter de mettre dela beauté dans de pareilles demeures serait une tâche à lasser le plus patient desartistes de l'Europe. Ce misérable cadeau de miettes tombées de la table desenfants est un don que l'on doit forcément reprendre, et les ouvriers ne peuventacheter que ce qui est à bon marché. D'autre par, si l'ouvrier se met en tête d'allerun jour ou l'autre dans des musées d'art, pour essayer de comprendre lestransports d'enthousiasme qu'excitent chez nous autres artistes les oeuvres desâges passés, comment se tirera-t-il de son entreprise éducative ? Qu'est-ce qu'il vatrouver ? – La porte fermée à son nez le seul jour de la semaine où il pourrait mettreà exécution sa tentative d'apprendre quelque chose en étudiant ce qui est sapropriété, – disons, par exemple, la ...
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