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La Société nouvelle, année 9, t. 1, 1893N. NikitineLa Prostitution en Russie comparativement à celle de Paris et de LondresLa Prostitution en Russie comparativement à celle de Paris et de LondresPour bien traiter cette grande question, disons d’abord comment nous comprenonsle mot. Dans les divers pays, la vieille société considère comme « prostitution » lesrelations entre les deux sexes qui ne sont pas sanctionnées par la loi. Ne nousplaçant pas au point de vue des préjugés, des habitudes ou des conventions, nousprendrons pour critérium le sentiment naturel d’amour-propre et de dignité et nousqualifierons « prostitution » — toutes relations sexuelles résultant de la vente de sachair par une femme ou par un homme, non moins que l’état de deux êtres forcésde par les lois et les convenances de leur pays de vivre ensemble sans amour ousans aucune sympathie.En Russie, avant la libération des paysans, c’était le seigneur qui, avant même lesparents et le pope, donnait à ses serfs la permission de se marier. Comme dans laFrance du moyen-âge, le nouvel époux devait conduire sa femme chez le seigneurpour qu’elle passât avec lui la première nuit.L’orgie allait bon train dans ces nobles demeures. Chaque château possédait unechambre où, pendant la journée, de belles jeunes filles tissaient à la main pour leurmaître. La nuit, elles étaient livrées à celui-ci ou à ses hôtes. De leur côté, lesfemmes des seigneurs choisissaient des amants parmi leurs cochers et ...
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