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2
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Français
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Documents
Description
Fédor Dostoïevski
La Femme d’un autre
Traduction Ely Halpérine-Kaminsky.
Librairie Plon, 1888 (pp. 1-132).
LA FEMME D’UN AUTRE
_______________________________
I
― Permettez-moi, monsieur, de vous demander...
Le passant tressaillit et, quelque peu effrayé, considéra le personnage à grande
pelisse qui lui adressait ainsi la parole à brûle-pourpoint, vers huit heures du soir,
au milieu de la rue (lieu et heure, ― on le sait assez ! — où un individu abordé à
l’improviste par un Pétersbourgeois a tout droit de s’effrayer).
Donc, le passant tressaillit et s’effraya.
— Pardonnez-moi de vous déranger, reprit le monsieur à la pelisse, mais je... je. ..
je ne sais... Vous voudrez bien m’excuser, vous voyez dans quel état je suis !...
Le jeune homme au paletot remarqua seulement alors que le monsieur à la pelisse
était en proie à un trouble extrême. Pâle, défiguré, la voix tremblante, il n’avait
évidemment pas la pleine possession de ses facultés : la parole lui manquait, on
voyait qu’il souffrait beaucoup d’être obligé d’adresser une prière à un individu qui
appartenait peut-être à une classe inférieure de la société. D’ailleurs, ces manières
étaient, certes, de la dernière inconvenance de la part d’un homme vêtu d’une
pelisse si confortable, d’un frac si à la mode, un frac d’un vert sombre si distingué,
un frac chamarré de tions si significatives ! Visiblement impressionné par ces
considérations, le monsieur à la pelisse s’efforça de maîtriser son émotion et de
donner un ...
La Femme d’un autre
Traduction Ely Halpérine-Kaminsky.
Librairie Plon, 1888 (pp. 1-132).
LA FEMME D’UN AUTRE
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I
― Permettez-moi, monsieur, de vous demander...
Le passant tressaillit et, quelque peu effrayé, considéra le personnage à grande
pelisse qui lui adressait ainsi la parole à brûle-pourpoint, vers huit heures du soir,
au milieu de la rue (lieu et heure, ― on le sait assez ! — où un individu abordé à
l’improviste par un Pétersbourgeois a tout droit de s’effrayer).
Donc, le passant tressaillit et s’effraya.
— Pardonnez-moi de vous déranger, reprit le monsieur à la pelisse, mais je... je. ..
je ne sais... Vous voudrez bien m’excuser, vous voyez dans quel état je suis !...
Le jeune homme au paletot remarqua seulement alors que le monsieur à la pelisse
était en proie à un trouble extrême. Pâle, défiguré, la voix tremblante, il n’avait
évidemment pas la pleine possession de ses facultés : la parole lui manquait, on
voyait qu’il souffrait beaucoup d’être obligé d’adresser une prière à un individu qui
appartenait peut-être à une classe inférieure de la société. D’ailleurs, ces manières
étaient, certes, de la dernière inconvenance de la part d’un homme vêtu d’une
pelisse si confortable, d’un frac si à la mode, un frac d’un vert sombre si distingué,
un frac chamarré de tions si significatives ! Visiblement impressionné par ces
considérations, le monsieur à la pelisse s’efforça de maîtriser son émotion et de
donner un ...
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Français